Archives mensuelles : juin 2013

Un blog pour votre campagne

Blog GuildesJ’ai récemment lancé une nouvelle campagne de Guildes. C’est un univers vaste, riche, parfois complexe. En outre, j’ai l’ambition d’une campagne d’assez longue haleine où plusieurs arcs narratifs vont se croiser. Deux arguments qui m’ont poussé à chercher un moyen de capter et garder l’attention de mes joueurs. Mon choix s’est porté sur un blog, et voici pourquoi…

C’est facile, rapide, chic et pas cher

Avec les outils en ligne tels que WordPress, Blogger, Overblog et les dizaines d’autres, c’est extrêmement aisé de créer son blog. Vous pouvez démarrer en quelques minutes. Si vous voulez customiser un peu l’interface (choisir un thème qui correspond à votre univers, mettre des images) ou utiliser des outils supplémentaires (les fameux widgets) tels qu’une liste des dernières publications ou des derniers commentaires, un compteur de visites, un nuage de mots-clefs, une liste de catégories, comptez une bonne heure. le blog n’est destiné qu’à être vu par vos joueurs, alors ne poussez pas le perfectionnisme trop loin. En tant que MJ, vous avez d’autres choses à faire avec votre temps.

Tous les outils vous permettent de créer des pages, de classer vos articles par catégorie et de leur adjoindre des mots-clefs. Ça se révèle très pratique pour organiser votre blog. Dans mon cas, j’ai créé six catégories d’articles: les résumés des parties et les informations sur différents aspects de Guildes: Cosme, le Continent, les Guildes, les Maisons et les Arts Étranges. Au fil de la campagne, j’en ajouterai sans doute d’autres. En ce qui concerne les mots-clefs, j’ai pris pour parti d’en créer un pour chaque PJ, un pour chaque PNJ important, un pour chaque Guilde rencontrée et un pour chaque endroit (ville, écrin) visité. C’est utile si après 12 parties vous voulez vous remémorer une info sur les Dynasties Fantômes. Vous n’avez qu’à cliquer sur le mot-clef et tous les articles où vous avez mentionné cet écrin apparaissent. J’ai également créé un page séparée où je place les portraits des PNJ importants. C’est le Who’s who de ma campagne.

C’est pratique pour les résumés

Vous commencez souvent vos parties par un résumé des épisodes précédents. Ça entraîne souvent son lot de regards un peu perdus, de questions, voire de débats (« mais non, ça s’est pas passé comme ça! »). Si vous avez placé les résumés de chaque épisode sur le blog, chacun peut y passer avant la partie, relire au minimum celui de la séance précédente, ce qui vous permettra de remettre tout le monde dans le bain plus facilement.

En outre, en vous forçant à écrire les résumés rapidement après chaque session, vous oublierez beaucoup moins de détails. Ça vous permet à vous aussi, lorsque vous préparez la suite, d’avoir tous les éléments nécessaires pour que votre campagne reste cohérente. Surtout si vos parties sont assez espacées.

Vous pouvez aussi laisser les clefs au joueurs. En leur donnant le droit d’écrire eux-même le résumé des parties. Ça libère de votre temps pour d’autres tâches, et ça vous permet de voir votre scénario du point de vue des joueurs. Ça peut être intéressant, et même vous donner d’autres idées pour la suite. Et puis pour le joueur qui s’en charge, c’est une excellente manière de renforcer son immersion et son intérêt pour la campagne.

Ça permet de garder la campagne vivante entre les parties
Blog

Qui dit blog dit commentaires. placez dans vos résumés les anecdotes cocasses ou les moments héroïques, et les joueurs ne pourront s’empêcher de commenter votre article. rebondissez sur ces commentaires et vous créerez une véritable conversation qui permettra à la campagne de rester vivante, de garder une place dans la tête des joueurs entre les parties. Excellent pour leur implication autour de la table. En plus, si les vannes et les commentaires au dix-septième degré sont faits sur le blog, il y a des chances pour qu’ils ne ressortent pas à table. Un beau bonus, mais je dois encore valider cette impression sur le long terme.

Ça permet de faire passer des infos sur l’univers

Bien sûr vous savez pitcher votre jeu. Mais un univers aussi riche que Guildes (mais ça peut marcher avec Nephilim, Shadowrun, Vampires, 7th Sea, bref des dizaines de jeux) peut demander beaucoup de temps et d’efforts pour être présenté aux joueurs. À chaque partie, vous devrez souvent rappeler des éléments du background déjà évoqués, et vous aurez à en présenter de nouveaux. Du temps de jeu qui pourrait être utilisé à meilleur escient. En plaçant quelques courts articles sur le blog, vous démystifiez votre univers et vous permettez aux joueurs de mieux l’appréhender, ce qui ne fera que renforcer leur immersion. Dans le cadre de Guildes, je prends soin de placer deux à trois articles entre chaque partie (mensuelles). Je les garde courts afin de m’assurer qu’ils sont lus. On trouvera des articles sur le Loom, sur les astres visibles dans le ciel, sur la monnaie, sur les peuples autochtones, etc. Ce sont parfois des points de détails qu’il est facile d’oublier pendant les parties, mais qui rendent l’univers unique. Ça évitera à vos joueurs de se rendre compte au bout de 40 heures de jeu qu’il y a deux soleils sur Cosme, par exemple.

Ça permet d’expliquer les règles

Je ne sais pas pour vous, mais moi, mes joueurs ont une grosse tendance Casual Gamer. Les règles, c’est pas leur truc. Lors de notre dernière partie de Kuro, je devais encore rappeler comment on lance les dés, et que le 4 vaut 0. Nous avions pourtant joué toute la campagne et même abordé Tensei. Fort de cette expérience, j’ai pris les devants pour Guildes. Je ne voulais pas rappeler sans cesse qu’on lance 2d6 pour chaque action. Je place donc quelques points de règles un peu plus complexes sur le blog (la façon de lancer un sortilège, d’utiliser le Sheï, etc.). Rien de trop long, encore une fois, mais ça permet aux joueurs un peu réfractaires aux dés de se remémorer le système de jeu de temps en temps.

Ça fait de vous un MJ motivé et impliqué

En tout cas vos joueurs ont cette image de vous. Ils seront reconnaissants de vos efforts, et feront donc (on peut l’espérer) eux aussi un effort supplémentaire pour la qualité des parties. Un bon vieux rapport win-win en quelques sortes…

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Et vous, avez-vous déjà tenté l’expérience du blog ? Avez-vous d’autres trucs ? Partagez, partagez !

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Everybody can roleplay !

Le Père Noël est une ordureLa semaine dernière, avec le boulot, je suis parti en « mise au vert ». Deux jours avec toute l’équipe pour resserrer les liens, brainstormer sur différents sujets et recevoir des formations en créativité et communication. Mon boulot n’a strictement rien à voir avec le jeu de rôle (on bosse dans la création d’entreprise), et aucun de mes collègues n’est rôliste, ni de près ni de loin. (Y en a juste un qui joue beaucoup à Citadelles et qui croyait que c’était un jdr). Pourtant, lors des formations, comme souvent, il y avait, je vous le donne en mille, des jeux de rôle. Vous allez me dire que les petites saynètes jouées dans le cadre d’une formation n’ont rien à voir avec notre noble loisir. Et pourtant. Certes, personne n’a lancé de dé, personne n’a décrit les actions de son personnage. Mais chacun a pourtant fait deux choses que nous faisons tout le temps lors de nos parties: inventer un personnage fictif et l’interpréter par le roleplay. Finalement c’était bien un jeu de rôle comme on l’entend, dans un univers contemporain réaliste où les personnages évoluent dans un scénario: ils ne sont pas contents et ils le font savoir. 

Où est-ce que je veux en venir avec cette longue introduction? À ce que je dis dans mon titre: tout le monde peut faire du roleplay. Je m’explique. On trouve beaucoup, dans les ouvrages ou les chapitres destinés aux MJ, de conseils sur les différents types de joueurs. Le power gamer, le narratif, le spécialiste, le casual gamer et bien sûr l’acteur. On nous dit souvent que lui seul est intéressé par le roleplay, et que les autres y sont réfractaires. Conclusion: pas d’acteur à votre table? Laissez tomber le roleplay…

Non mais sans blague. Allô, quoi! Mes collègues ont tous relevé le défi brillamment, j’ai vu ce jour-là de la bien meilleure interprétation de personnage qu’à de nombreuses tables. Et donc ils seraient tous des acteurs dans l’âme? Tous les quinze? Certainement pas!

Ma conclusion à moi: si mes collègues ont trouvé le moyen de faire du roleplay, pourquoi les gens autours de votre table, qui, bien que rôlistes, sont avant tout des êtres humains comme les autres, en seraient incapables? Pourquoi, sous prétexte que vos joueurs aiment manipuler les chiffres pour créer des personnages optimisés et utiliser leurs pouvoirs de manière très tactique à table, seraient-ils systématiquement réfractaire à l’idée d’interpréter leur personnage? Tout le monde peut le faire. S’il y est encouragé. Et qui de mieux pour encourager des joueurs que le MJ? Soyez l’exemple à suivre: interprétez vos PNJ, même le tavernier sans importance. Évitez les conversations racontées et passez en mode roleplay à la moindre occasion. Récompensez le roleplay par des bonus techniques. Insérez du roleplay dans vos scènes d’action. Bref, je roleplaye, tu roleplayes, il roleplaye, nous roleplayons. Tous en chœur. Ça prendra petit à petit. Vous ne transformerez pas vos tacticiens en acteurs, mais vous aurez ajouté beaucoup de sel à vos parties. Notez que ça marche aussi avec les joueurs timides. Parmi mes collègues, il y en a. Et pourtant, encouragés par l’effet de groupe, et forcés par la présence de la direction, aussi, ils ont fait l’effort nécessaire. En tant que MJ, donnez l’exemple, ne vous moquez jamais des premières tentatives, et vos timides deviendront peut-être de vrais comédiens.

Répétez tous après moi: everybody can roleplay !

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Et vous, l’interprétation du personnage, c’est une petite ou grande part de vos parties? Faites-vous face à des joueurs réfractaires? En êtes-vous un? Dites-nous tout…