Les « babioles » de D&D 5

Tournevis sonique doctor whoIl est fort possible que vous soyez passé à côté. Ou que vous l’ayez survolée, voire volontairement passée en levant un sourcil dubitatif. Pourtant sous ses airs de truc sans intérêt, elle se révèle un outil étonnamment puissant et multifonctions. Je veux parler de la table des trinkets des pages 160 et 161 du Manuel des joueurs de la cinquième édition de D&D. Voici cinq raisons de vous intéresser à ces babioles…

C’est quoi un Trinket ?

On peut traduire le mot par babiole, breloque, colifichet, bibelot, etc. Bref, un objet sans grand utilité apparente qu’on dépose sur la cheminée en l’oubliant complètement. Lors de la création de votre personnage, vous tirez au hasard sur une table qui contient 100 objets et vous l’ajoutez à votre équipement. Finalement c’est très con, et comme le nom de la table l’indique, beaucoup prennent cet objet comme un machin un peu marrant qui ne sert à rien. Grave erreur…

1 – Les babioles vous aident à développer l’historique de votre personnage

C’est presque évident. Vous avez un objet auréolé de mystère dans le fond de votre sac. Où et comment avez-vous bien pu obtenir cette pièce de monnaie venue d’un pays inconnu, cette pièce d’échec en verre, cette dent d’une créature non identifiée ou ce sac contenant 47 dents humanoïdes dont une est cariée ? Lorsque vous développez l’historique de votre perso, que ce soit avant les aventures ou pendant celles-ci, ces objets insolites sont une mine d’idées dans laquelle puiser pour ajouter un petit côté merveilleux, étrange ou exotique à votre aventurier.

2 – Les babioles sont des sources d’aventure

En tant que MJ, notez les babioles obtenues par vos joueurs. Vous pourrez ensuite vous en servir pour construire un scénario autour de ces objets. Cette fiole vide contient peut-être en réalité l’âme de quelqu’un. Ou bien elle a été construite à cet effet et plusieurs factions la recherchent. Cette vieille clef rouillée, quelle porte ouvre-t-elle ? Et cette bouteille de vin de grand cru portant une référence unique, pourquoi quelqu’un l’aurait-elle gardée ? La référence chiffrée, c’est un code ? Cette partition, quel portail permet-elle d’ouvrir ? Bref, plein d’idées surgissent. Et vous le savez, si vous bâtissez un scénario basé sur un objet possédé par un personnage, vous garantissez une meilleure implication des joueurs.

3 – Les babioles peuvent rendre des scènes intéressantes

On ne sait jamais, un objet anodin peut transformer une scène en moment épique, drôle ou émouvant. Lorsque les PJ sont encerclés par des dizaines de gobelins, n’est-ce pas là le moment de sortir cette main de gobelin momifiée et prétendre qu’il s’agit de la main du roi Rozrach IV qui vainquit les nains lors de la bataille de Mazrada et y perdit la main ? Et que la tradition veut que le possesseur de la relique soit accueilli en invité par les gobelins ? Ce badge d’argent en forme d’étoile pourrait très bien passer pour un insigne officiel et ouvrir des portes. Ce drapeau pirate au crâne de dragon peut-il vous éviter des ennuis si vous le hissez au grand mat ?

cle medievaleEn tant que MJ vous pouvez réfléchir à des scènes où les babioles des joueurs seront utiles. Si un joueur a tiré la pièce de mosaïque multicolore, placez une scène où les personnages découvrent la mosaïque à laquelle il ne manque qu’une pièce. Que se passe-t-il quand ils reforment le dessin complet? Et ce fourreau dans lequel n’entre aucune lame, il n’a aucun intérêt si vous ne permettez pas aux personnage de découvrir l’épée magique qu’il est censé contenir…

4 – Les babioles peuvent servir de tremplin à la narration partagée

Oui ça fait peur de partager l’autorité narrative (en résumé rapide de chez Flash McQueen : le partage classique de l’autorité en jdr c’est que les joueurs ont l’autorité sur leur perso et le MJ sur tout le reste. Un joueur ne peut pas décider qu’il y a une porte au bout du couloir, et le MJ ne peut pas décider qu’un personnage est grand ou gros ou dit ceci ou cela. Partager l’autorité c’est donc laisser les joueurs entrer dans l’espace où habituellement seul le MJ a autorité).

Une babiole peut vous aider à sauter tout doucement le pas. Pendant la partie, utilisez des babioles choisies ou tirées au sort dans la table et donnez-les aux personnages quand ils fouillent un endroit. Ensuite laissez la place aux joueurs pour combler un petit détail eux-mêmes. « Tu trouves une main momifiée. D’après toi c’est une main de quoi? ». « Il y a une bouteille de vin vide, que dit l’étiquette? ». « Il y a un pot en verre fermé par un bouchon de liège. Y a un truc bizarre dedans, c’est quoi? ». Soyez fair-play, si vous partagez l’autorité, il faut accepter que ce que dit le joueur devient vrai dans la fiction et assumer les conséquences. Bon, il y aura toujours un joueur qui voudra utiliser l’occasion pour tirer un avantage  surpuissant de la babiole. Il vous faudra alors jouer un peu avec ce qu’il vous dit. S’il annonce que la fiole contient un souffle de dragon portable, donnez-lui juste l’occasion de lancer un sort de mains brûlantes. Si vous avez placé des babioles précédemment, normalement les joueurs auront compris le principe et ne dériveront pas vers du débile ou de la triche. Et s’ils le font, ne partagez plus l’autorité, ils ne sont pas prêts…

5 – Les babioles peuvent développer le monde

NarsilUn parchemin écrit dans une langue inconnue. Bon, il vous faudra bien un jour l’utiliser et décider quelle est cette langue, dans quel pays est-elle parlée, etc. La babiole devient un outil pour développer votre univers. Un exemple bête et méchant : un joueur tire dans la table « la poignée d’une épée brisée ». Vous réfléchissez : d’où vient cette épée, à qui a-t-elle appartenu, pourquoi s’est-elle brisée, etc. Et vous voilà avec Narsil, l’épée qui fut brisée et sera reforgée pour donner toute légitimité au personnage pour reprendre son trône et combattre le grand ennemi. Je ne vous félicite pas pour votre originalité… En élaborant sur les mystères que recèlent les babioles, vous pourrez ajouter des pièces intéressants à votre univers.

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Les babioles sont donc une idée qui parait anodine, anecdotique dans l’ensemble que constitue D&D 5. Pourtant elles font partie des petites choses insoupçonnées qui donnent de la valeur à cette édition (et il y en a d’autres, nous y reviendrons peut-être). Et si vous trouvez que 100 objets ce n’est pas assez, on trouve des listes de plus de 10000 objets sur le net. Et ce n’est pas difficile de créer les vôtres non plus. Alors pourquoi hésiter ? Et dernier bonus : tout ce qui précède fonctionne avec la plupart des jeux !

Et vous, aviez-vous remarqué la table des trinkets ? L’avez-vous utilisée ? Est-ce allé plus loin que l’objet un peu loufoque ? Dites-nous tout !


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