Casus revient parmi les siens…

N’est pas mort ce qui à jamais dort. On nous l’annonçait en juillet, la troisième mouture de Casus Belli avait plus d’un pied dans la tombe. Mais Black Book Editions arrivait à la rescousse et réveillait le moribond en nous promettant une quatrième incarnation du magazine pour l’automne. Les infos sont ensuite tombées au compte-goûte: le Casus nouveau serait bimestriel, il serait au format mook, il compterait 224 pages, euh, non, finalement 256, il verrait le retour de Kroc le Bô, etc. Aujourd’hui il est là, tout beau, posé devant moi, et comme je suis très sympa, voici une revue complète du contenu de Casus Belli #1, quatrième du nom…

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Commençons par le coup de gueule

Comme ça ce sera fait.

Si j’ai reçu le numéro 1 gratuitement, c’est parce que j’étais abonné à la troisième mouture du magazine. Black Book annonce dans une lettre qu’à ce geste s’ajoute l’envoi gratuit d’un jeu de leur écurie (Midnight, Dawnforge, Pathfinder) si je décide de m’abonner. Alors je fonce sur leur site et là, que vois-je avec horreur? L’offre est réservée à la France métropolitaine! Les autres devront acheter chaque numéro séparément et s’affranchir des frais de port de… 17 euros! Il me faudra donc acheter un magazine à 9,50 euro et ajouter des frais exorbitants. Et bien sûr, le cadeau offert aux anciens abonnés me passe sous le nez. Me voilà donc devant 3 options: me contenter d’un Casus en PDF à 4,50 euros (mais qui veut lire un mag en PDF?), m’arracher un rein et acheter le magazine pour la modique somme de 26,50 euros, ou bien juste laisser tomber… Il y a là un effort à faire du côté de Black Book, car j’imagine mal un grand nombre de Belges et de Suisses arrêter de manger à leur faim pour leur magazine de jdr, fut-il Casus Belli…

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Revenons à nos moutons

Passons sur la couverture décevante: une illustration tirée de Pathfinder. Ce n’est pas qu’elle soit moche (c’est du Wayne Reynolds tout de même), mais j’aurais préféré une illustration originale. Certains craignaient que le magazine appartenant maintenant à Black Book, son contenu soit orienté vers les jeux qu’ils éditent. S’ils ont tenté de rassurer sur ce point, le choix d’une couverture de Pathfinder laisse planer le doute…

L’édito de Guisérix et Gallot revient sur le parcours chahuté de Casus et est accompagné d’un historique pour ceux qui n’auraient pas suivi le soap opera depuis 1980. Viennent ensuite 24 pages d’actualité. On y trouve les sorties annoncées, les gammes qui s’arrêtent et un long reportage sur la GenCon d’Indianapolis accompagné d’une interview de Peter Adkinson. organisateur de l’événement (et accessoirement créateur de Magic: l’Assemblée et fondateur de Wizards of the Coast). Tout ce que vous savez déjà si vous suivez l’actu rôliste sur le net se retrouve dans ces pages: Warhammer 3, Pendragon, Icons, Fading Suns, The One Ring, Guts, etc. Bon point, certaines actus sont accompagnées d’interviews, et Monghol et Gotha nous régalent de leurs bêtises, tout comme autrefois. bien sûr je n’y ai pas appris grand chose, mais pour quelqu’un d’un peu plus normal que moi, qui ne passerait pas son temps sur divers forums et à écumer les sites des éditeurs, tout y est, bien présenté et complet !

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Critique !

Vient ensuite un gros morceau, près de 60 pages de critiques des dernières nouveautés. On commence avec l’édition 30e anniversaire de l’Appel de Cthulhu. Développée en quatre pages, elle est suivie fort à propos par un passage en revue de la pléthorique gamme poulpique que nous propose les éditions Sans-Détour. Les autres critiques grand format concernent Deatwatch, la 4e édition de L5A, Cthulhutech, Wasteland, Fantasy Craft, Mer Intérieure pour Pathfinder et les Mille Marches. A noter qu’ici encore certaines critiques sont suivies de l’interview d’un auteur du jeu, ce qui approfondit encore le propos. Un très bon point. D’autres critiques suivent, sur deux pages pour les premières, sur une seule ensuite et enfin sur une colonne. A la lecture de tout cela, on se sent transporté dans les années 90 avec un bon vieux Casus entre les mains. Les critiques sont complètes, argumentées et portent la marque de Casus, parois décriée: le ton neutre bienveillant.

Vient ensuite l’étagère du rôliste. Une vingtaine de pages composées de critiques et d’infos sur les loisirs apparentés au jdr: littérature fantastique, jeu vidéo, jeu de plateau et même cinéma et BD. Un coup d’œil intéressant sur ce qui fait ailleurs qu’à la table.

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Les scénarios

Pas de CasBé sans scénar. Ce premier numéro n’en compte pas moins de 6! Pathfinder, l’Appel de Cthulhu, Chroniques Oubliées, Wasteland, L5A et Mississipi sont mis à l’honneur. Je ne vais pas critiquer les scénarios, puisque je ne lis jamais un scénar avant d’avoir besoin de le faire jouer. Mais il y a deux noms qui pourraient laisser penser que nous avons droit à de la qualité: Croc (oui oui, celui d’INS/MV, Bitume et Bloodlust) et Tristan Lhomme (oui oui, celui à la centaine de scénarios publiés).

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Chroniques oubliées

Si Mega et Simulacres étaient nés dans un magazine, c’était à une époque que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre. C’est donc avec un brin de surprise qu’on découvre un jeu complet dans ce Casus Belli. Chroniques Oubliées avait déjà été publié en juin 2009 par Black Book. Il s’agit d’un système d’initiation dérivé de la troisième édition de D&D sous licence OGL. Un système d20 « light », en quelque sorte. Le jeu est aujourd’hui totalement publié dans le magazine, et servira de système de référence pour certains scénarios, comme Simulacre le fut à une autre époque. Dans le numéro 1, on trouve donc le système dédié à la fantasy classique. Le numéro 2 verra lui les règles adaptées à d’autres univers (space-opera, horreur, etc.). Le système est brossé en 10 pages, l’univers en 18 pages (mais il s’agit surtout d’une description des classes, on ne peut pas réellement parler d’univers de jeu), et les conseils au MJ en 7 pages. Cette dernière partie indispensable pour tout jeu dit « d’initiation » tombent fort à propos. Le tout se termine par une mini scénario d’introduction.

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Aides de jeu

Il y a toujours eu des aides de jeu dans Casus. Cette nouvelle version ne déroge pas à la règle. Nous avons droit ici à la description détaillée d’une auberge, avec plans, PNJ et intrigues en cours. Pas le plus transcendant qu’on ait jamais vu, mais très utile, dans sa totalité, ou pour obtenir un plan d’auberge cohérent et joli sans se casser la tête. Vient ensuite un court article « PJ only » qui a pour but d’aider les nouveaux joueurs à créer leur premier personnage. On est ici dans l’archi-connu, le déjà dit par ailleurs, mais c’est bien tourné. Les trois articles « MJ only » qui suivent donnent d’abord quelques conseils sur la façon de rassembler le groupe de PJ. Le second couvre l’aspect de la linéarité des scénarios et offre des pistes pour s’en sortir. La première partie de l’article avait été proposée dans le dernier Casus avant le fumble. Il est ici présenté dans son intégralité. Nous avons là un excellent article qui correspond à la qualité à laquelle Brand nous habitue. Le dernier article offre des recommandations sur ce qu’il faut prendre en compte avant d’offrir un objet trop puissant à un PJ.

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C’était mieux avant

Vient ensuite une rubrique « retro » qui plaira aux vieux de la vieille. Une très belle interview de François Marcela-Froideval, fondateur de Casus Belli en 1980 qui nous raconte comment il jouait avec Gary Gygax (je vous fais pas l’insulte de le présenter). On nous présente ensuite la première traduction (non-officielle) de D&D datant de 1982 et enfin un retour sur plus de 30 ans de Casus Belli.

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C’est bientôt fini

Il ne reste que quelques pages. On découvre une courte nouvelle féérique. Y aura-t-il ce genre de récit dans chaque numéro, ou sommes-nous là en face d’un remplissage, l’avenir nous le dira. Ensuite quelques réflexions sur l’avenir du jeu de rôle et ses évolutions ratées et enfin un concours: décrivez un ouvrage impie pour l’Appel de Cthulhu, et soyez publiés dans CasBé numéro 3!

Avant-dernière page, la rédaction nous allèche sur le contenu du prochain numéro, et utilise là une arme classique: la Bellaminette (ma foi bien en forme). Et enfin, on nous l’annonçait en couverture, la dernière page est occupée par Kroc le Bô.

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Et alors?

Bon, première impression, ce Casus Belli au format mook marque des points. La maquette est à la fois classe et claire, colorée. Le tout est agréable à lire, bien cadencé, bien foutu. CasBé frappe donc fort pour son coup d’essai. Il redevient, dès aujourd’hui, la référence de la presse rôliste francophone et n’a rien à envier à ses ancêtres. Il ne lui reste qu’à trouver un moyen de s’exporter à prix raisonnable hors de France, et le gâteau aura sa cerise.


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